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Tendance de consommation : la slow food

Cosmétique, mode, décoration, alimentation… dans bien des domaines, de plus en plus de Français tendent à consommer moins, mais mieux. Dans les assiettes, cette tendance s’exprime notamment à travers le mouvement “Slow Food”. Prendre le temps de choisir ses aliments, les préparer, les savourer, redécouvrir les saveurs locales et le savoir-faire des producteurs sont les constituants de cette philosophie de vie. Focus sur un mouvement qui mêle le plaisir culinaire à la consommation responsable.

 

Dans un contexte où 50% des Français se déclarent prêts à ralentir leur mode de vie pour adopter la consommation alimentaire qu’ils souhaitent et ainsi manger mieux , le mouvement Slow Food semble être une réponse aux nouvelles attentes des consommateurs.

Si 71,5 % des Français se disent concernés par la « consommation responsable », pour 53 % d’entre eux, cela se traduit principalement par l’achat de produits « labellisés, certifiés éthiques, locaux ou moins polluants » .

© ADEME 2017

 

En effet, une autre étude vient confirmer cette préférence : plus de la moitié des ménages déclarent « choisir essentiellement des produits de saison », 46 % d’entre eux vérifient toujours la provenance géographique des produits alimentaires avant de les acheter et 31 % font preuve d’une vigilance systématique à l’égard de la manière dont sont produits les aliments (conditions d’élevage, pratiques agricoles raisonnées).

Parce qu’elle promeut les plaisirs de la table, en apprenant à la fois à profiter de la diversité des saveurs, à reconnaître la variété des lieux de production ainsi que des producteurs et à respecter les rythmes des saisons et de la table, la Slow Food est avant tout une attitude à adopter, un art de bien vivre et de bien manger.

Initié dans les années 1980 en réaction au “fast food”, le mouvement Slow Food est aujourd’hui une organisation internationale qui rassemble 100 000 membres (chefs, agriculteurs, producteurs, experts, universitaires…) dans plus de 150 pays, dont 1 000 adhérents en France.

Son fondateur, Carlo Petrini, présente la Slow Food comme un concept d’“écogastronomie”, qui encourage les producteurs, les consommateurs et les chefs à choisir des aliments « bons, propres et justes ».

La viande y trouve aussi sa place, à travers le projet “Slow Meat”. En effet, il y a quelques années, Slow Food a lancé la campagne Slow Meat, visant à promouvoir les éleveurs qui travaillent dans le respect du bien-être animal et à sensibiliser les consommateurs aux bienfaits d’une consommation de viande plus responsable et exigeante en termes de qualité et d’origine de la viande.

La campagne Slow Meat peut donc être résumée avec un slogan simple et efficace : « Viande lente : mangez moins de viande, de meilleure qualité. » Lancé aux USA, le concept Slow Meat trouve aussi écho en France, notamment grâce à des chefs engagés. C’est le cas du chef Éric Sanceau qui, en juillet dernier, a réuni six chefs autour d’une compétition culinaire dédiée au “Slow Burger” . Les chefs ont rivalisé d’originalité pour préparer des recettes de burger composées de viande issue des vaches de l’élevage d’Éric Sanceau, nourries simplement à l’herbe et au foin, ainsi qu’avec des produits locaux ou signalés par l’association Slow Food.

Ainsi, au-delà d’une simple tendance de consommation, la Slow Food incarne un art de vivre, à travers l’idée « d’accepter de ne pas avoir tout, tout de suite, de prendre le temps d’apprécier ce que la nature nous apporte ». Une philosophie autour de laquelle se retrouvent de plus en plus de producteurs, de chefs et de consommateurs.