Charal, nouveau partenaire de Jérémie Beyou
19 juin - Etape 4 : JÉRÉMIE BEYOU VEUT GRAPPILLER DES PLACES

A l’issue de la troisième étape de la Solitaire URGO Le Figaro, une boucle de 150 milles autour de Concarneau, Jérémie Beyou alternait entre la satisfaction d’avoir navigué dans le groupe de tête et le regret d’avoir moins bien négocié l’arrivée, ce qui lui a fait perdre deux places. 9e de l’étape et 14e au général, le skipper de Charal aborde la dernière course entre Concarneau et Dieppe (505 milles) avec l’ambition de poursuivre sa progression pour grappiller des places et se rapprocher du Top 5.

Une troisième étape satisfaisante

Après avoir manqué son départ sur les deux premières étapes, Jérémie Beyou s’était donné comme objectif d’être réactif au moment du coup d’envoi de la troisième étape à Concarneau. Objectif en partie rempli : « Ce n’est évidemment pas parfait, mais c’était mieux. C’était un peu un départ à l’ancienne, vent de travers sans bouée de dégagement. Je suis dans les 10-15, ça change le jeu, ça m’a permis de me rassurer, de voir que j’arrivais à progresser à ce niveau de la course. » Parvenu tout au long des 150 milles de cette courte étape à tenir la cadence des leaders et notamment d’un Nicolas Lunven auquel il adresse « un grand coup de chapeau », le Finistérien regrettait en revanche de n’avoir pas su tenir sa position à l’arrivée : « Je ne suis pas trop sûr de moi, du coup je reste un peu centré sur le plan d’eau et ça me coûte deux places. Ce qui est surtout décevant, c’est de perdre un peu de temps au général. Aujourd’hui, il y a 16 minutes d’écart entre le 7e et moi, si j’avais pu prendre dix minutes, une partie du boulot aurait été faite, mon objectif désormais étant clairement le Top 10. C’est un peu à l’image de ma forme actuelle : j’ai des difficultés à mettre tous les éléments bout à bout, je mets beaucoup d’attention sur la vitesse du bateau, donc moins sur la stratégie. »

L’objectif : grappiller des places et ne pas jouer contre-nature

14e au général avant la dernière longue étape entre Concarneau et Dieppe (505 milles), Jérémie Beyou ne pointe qu’à 16 minutes et 22 secondes de la 7e place occupée par un autre Carantécois, Damien Cloarec, autant dire pas grand-chose. L’objectif du skipper de Charal est de réussir une belle étape afin de grappiller le maximum de places au général : « C’est vraiment mon état d’esprit. Je sens que mon niveau s’améliore. Sans leur manquer de respect, je pense être capable de gratter 16 minutes aux huit gars qui sont devant moi. J’ai le sentiment que la fatigue pèse de moins en moins, la tendance va peut-être s’inverser. » Doit-il pour cela tenter des options plus tranchées ?« S’il y a une option que je sens, pourquoi pas ? Mais ce n’est pas trop ma façon de faire. Naviguer contre nature, tenter le diable, ce n’est pas mon style de jeu et ce n’est pas cohérent par rapport à ce que j’ai à faire dans les mois et les années à venir. J’ai envie de gagner cette Solitaire URGO Le Figaro pour la quatrième fois, mais j’ai toujours dit que cela se construit sur deux ou trois ans. Cette année le retour est difficile, mais cela me servira pour les éditions suivantes et pour d’autres courses, comme la Route du Rhum 2018 qui va arriver vite. »

Attention à Dieppe !

La quatrième étape entre Concarneau et Dieppe, dont le départ est donné aujourd’hui à 14h, s’annonce longue, puisque les derniers routages font état d’une arrivée au mieux dans la nuit de jeudi à vendredi. Cette arrivée peut être particulièrement piégeuse aux dires de Jérémie Beyou qui garde quelques souvenirs de Dieppe : « Certains vont peut-être se faire des cheveux blancs car ça passe rarement comme une lettre à la poste. La dernière arrivée en date, c’était il y a deux ans dans la pétole : une brise de terre s’était installée, créant une bande de vent large de 100 mètres le long des falaises, entre Etretat et Dieppe. Si tu sortais de la bande de vent, c’était fini, il n’y avait plus un gramme d’air ! Je me souviens aussi de l’année de la victoire de Nicolas Lunven, en 2009 : nous étions quatre pour la gagne en partant de Dingle, Armel Le Cléac’h, Yann Eliès, Nicolas et moi et là encore, il y avait eu pétole sur l’arrivée, ce qui avait scindé la flotte : seuls les premiers étaient passés, ceux qui, comme Armel et moi, étaient arrivés derrière, étaient restés bloqués. Armel avait notamment passé une marée au mouillage ! C’est la preuve qu’il faut garder quelques neurones pour l’arrivée. » Et donc bien récupérer entre les deux étapes, ce qui a été le cas de Jérémie qui, tout en restant concentré sur sa récupération et la météo, a été s’aérer l’esprit en rentrant chez lui :« Au menu, baignades en eau de mer et, une fois n’est pas coutume, kermesse de l’école de mon plus jeune fils ! »