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Viande et environnement

Des réflexions ouvertes

Selon certaines thèses, la consommation de viande serait aberrante
du fait qu'il faut fournir 5 kilos de protéines végétales à un animal
pour qu'il produise un kilo de protéine animale.

Ces thèses voient dans ce faible "rendement" un défi à la préservation de la planète,
aux menaces liées à la croissance rapide de la population mondiale.
Ce rapport de 1 à 5, s'il est vrai dans l'absolu, mérite d'être pondéré.


La première question serait de savoir quelle proportion de ces 5 kilos de protéines végétales pourrait se retrouver directement dans nos assiettes ? Qui de nous serait prêt à manger de l'herbe, du trèfle, du foin ou des tiges de maïs hachées, à supposer que l'organisme humain soit capable de les digérer ?

Certes, nous nourrissons également nos bovins avec du maïs en grains qui pourrait, une fois transformé, entrer dans l'alimentation humaine. Mais tous aliments et fourrages confondus, le véritable rendement protéinique de l'élevage n'est plus de 1 à 5 mais de 1 à 1,4. C'est ce qu'a calculé Simon Fairlie, un éleveur et auteur britannique dans son récent ouvrage "Meat". Végétarien convaincu, il s'est converti à la consommation de viande après être devenu éleveur de chèvres laitières : que pouvait-il bien faire des mâles qui naissaient dans son élevage...
sinon les manger ?

La réponse est la même pour nous : pour produire du lait, il faut faire saillir les vaches et donc accepter leurs petits, qu'ils soient mâles ou femelles. Ou alors se passer de lait, de fromage de yaourts... et de viande. Un peu radical non ?

L'autre question qu'il faudrait aussi se poser - et celle-là touche directement notre environnement : que deviendraient nos campagnes sans près, sans vaches ni moutons ni chèvres... ni éleveurs ?

L'élevage français contribue grâce aux 11 millions d'hectares de prairies permanentes au stockage et au maintien d'une très grande réserve de carbone dans les sols. Les prairies d'élevage compensent ainsi une grande partie des émissions de méthane émis par les ruminants.

Naturellement, des améliorations sont sans aucun doute nécessaires, d'ailleurs des réflexions sont menées par l'ensemble des acteurs du monde agricole pour faire progresser les modes de production vers des pratiques plus durables. Charal est en contact avec les équipes de l'INRA pour soutenir la recherche dans le domaine des gaz à effet de serre.

De leur côté, l'Inra et le Cirad ont pris l'initiative d'une étude prospective, « Agrimonde », pour explorer les futurs possibles du système agricole et alimentaire mondial à l'horizon 2050. L'enjeu tient en une phrase : comment nourrir près de 9 milliards d'individus dans le cadre d'un développement durable ?

Cette question se révèle complexe car il s'agit non seulement de couvrir les besoins nutritionnels quantitatifs de la population mondiale, mais aussi de permettre à chacun un accès à une nourriture saine et équilibrée, produite par des systèmes respectueux de l'environnement, tenant compte de la raréfaction des énergies fossiles, et intégrant les dimensions sociales. Produire mieux tout autant que produire plus constitue le véritable défi pour les agricultures du monde.

Voir le communiqué de presse du CIRAD