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Carbone et élevage..
11/06/2009
.. un peu de nuance!
Accuser les herbivores (bovins, caprins, équins et ovins) du réchauffement climatique est la dernière mode. Désireux d’apporter sa participation à ce débat important, Charal et les professionnels de la filière viande voudraient rappeler ici quelques faits… Afin que chacun dispose de tous les éléments objectifs lui permettant de se faire une idée précise. Si l’élevage, comme toute activité humaine, peut avoir un impact sur l’environnement, il ne faut pas oublier de mettre dans la balance tous ses avantages et bénéfices.
D’un point de vue environnemental : • On oublie de dire que l’élevage est la seule activité économique qui, avec la forêt et l’agriculture, capte du carbone en même temps qu’elle en émet. La photosynthèse de l’herbe des prairies se traduit de façon concrète par le stockage, en moyenne, de 500 kg de carbone par hectare et par an (phénomène dit de « puits de carbone ». Ce qui compense à hauteur d’environ 50% les émissions de méthane par les ruminants. • En France, les herbivores pâturent treize millions d’hectares de prairies et autres parcours montagneux, c’est-à-dire 1/5 de la surface du pays (pour mémoire, les surfaces goudronnées et bétonnées représentent 5,4 millions d’hectares et progressent chaque année). Ces terres jouent un rôle incontestable dans l’équilibre de la biodiversité et l’épuration des eaux, mais aussi dans le stockage des gaz à effet de serre. Les scientifiques parlent ainsi, en ce qui concerne les prairies, « de zones de régulation écologique ». • Dans le monde agricole, on a coutume de dire : « Une vache, c’est une barre de coupe à l’avant et un épandeur à l’arrière ». Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que l’élevage des bovins rend inutile la récolte de l’herbe avec des machines et la fertilisation des terres avec des engrais. Traduction concrète pour l’environnement ? Moins d’utilisation de fioul et moins d’engrais chimique. D’un point de vue humain : • En France, 200 000 personnes vivent aujourd’hui de l’élevage de vaches laitières et de bovins destinés à la consommation. • 125 000 éleveurs se sont d’ores et déjà engagés dans la Charte des bonnes pratiques d’élevage. Une démarche qui repose sur la traçabilité, le respect de la réglementation et la mise en oeuvre de bonnes pratiques en matière d’hygiène, de bien-être et d’environnement. D’autre part, depuis 15 ans, notamment avec la mise en place du PMPOA (Programme de Maîtrise des Pollutions d’Origine Agricole), de nombreux élevages ont été aménagés et améliorés pour mieux prendre en compte les engrais organiques naturels. • La viande rouge apporte des éléments essentiels à l’équilibre alimentaire, notamment au travers du fer et de la vitamine B12 dont il est, en France, la principale source dans l’alimentation. De plus, est-il ici utile de rappeler l’importance du lait, par exemple dans la croissance des enfants. Serait-ce raisonnable de se priver de pouvoir produire localement et consommer un lait et une viande dont on maîtrise la provenance et la qualité ! Ces faits sont objectifs. Ce ne sont ni des interprétations, ni des raccourcis. Et ils ne recouvrent qu’une partie de la réalité de l’élevage des ruminants en France, un élevage traditionnel et historique constitutif d’un pays, dont le tourisme vert reste un atout en pleine croissance. |